Pour la famille Nzokira, la ville d’Ottawa est un nouveau départ rempli de rêves pour leurs enfants et d’espoir pour un avenir sûr et brillant.

L’histoire de cette famille a commencé dans un camp de réfugiés en Tanzanie. Jean-Marie Nzokira, 37 ans et sa femme Janet, 36 ans, étaient enfants lorsqu’ils ont échappé à une brutale guerre civile qui a duré 12 ans dans leur pays d’origine, le Burundi. Ils faisaient partie des 300 000 personnes qui ont accompli le long et dangereux périple vers un camp de réfugiés. Au cours de la première année de violence, presque 100 000 personnes ont été tuées. Les élections ont été suspendues et la population s’est vu imposer un couvre-feu pendant plus d’une décennie.

Jean-Marie et Janet ne se connaissaient pas lorsqu’ils étaient enfants. Ils ne savaient pas que le camp de réfugiés deviendrait leur foyer durant plus de 20 ans. C’est là qu’ils se sont rencontrés, qu’ils sont tombés amoureux et qu’ils se sont mariés. Leurs cinq enfants sont nés dans le camp. Ils n’ont pas connu une autre existence.

C’était une vie difficile, une vie que ni vous ni moi ne pourrions même imaginer. En tant que nouveau père et mari, Jean-Marie a accepté tout le travail qu’il a pu trouver pour gagner de quoi acheter de la nourriture pour sa famille. Durant de nombreuses années, il a travaillé comme ouvrier, débroussaillant la forêt avec une machette.

« La vie était très dure. Si vous tombiez malade, vous mourriez. Si vous n’aviez pas d’argent, vous ne pouviez pas acheter de la nourriture et vous mourriez. Le camp était au fin fond de la forêt et nous étions à 10 milles de toute civilisation », précise Jean-Marie.

Les réfugiés du Burundi n’étaient pas vraiment les bienvenus en Tanzanie. Selon Jean-Marie, ils subissaient souvent des agressions et se faisaient voler leur argent et leurs biens. Ils devaient obtenir une permission écrite pour quitter le camp. Les autorités leur demandaient en permanence où ils se rendaient et quand ils revenaient. Ils étaient bien conscients que dans l’intérêt de leurs enfants, ils avaient besoin d’une nouvelle vie, d’un nouveau départ.

En 2011, ils ont été ravis lorsque les autorités canadiennes leur ont appris qu’ils étaient les bienvenus dans notre pays. Il s’est toutefois écoulé six longues années avant qu’ils puissent faire le voyage. Durant cette période, ils ont été rejetés par la communauté de réfugiés qui les jalousait pour la chance qu’ils avaient eue. Alors que les années s’écoulaient, ils ont perdu espoir. Puis, du jour au lendemain, on leur a demandé de rassembler leurs quelques effets personnels, car ils pouvaient finalement prendre l’avion pour le Canada.

Lorsqu’ils sont arrivés en février dernier, le Centre catholique pour immigrants était à l’aéroport pour les accueillir. Nous leur avons offert un lieu sûr et réconfortant à la maison d’accueil, souvent le premier foyer offert aux réfugiés parrainés par le gouvernement. Nous leur avons fourni de la nourriture et des vêtements. Nous avons inscrit leurs enfants à l’école. Nous les avons aidés à obtenir divers documents, dont les cartes d’assurance-maladie. Au bout d’un mois, nous avons trouvé pour eux un foyer où ils se sentent en sécurité pour la première fois de leur vie.

Janet précise que les enfants s’adaptent plus facilement que leurs parents. Ils sont scolarisés et se sont faits des amis. Ils font régulièrement des excursions pour explorer la ville. « Ils sont tous contents de nous faire partager tout ce qu’ils apprennent ».

Janet précise qu’elle ne sait pas ce qu’ils auraient fait sans l’aide du Centre catholique pour immigrants. Un an plus tard, la famille rencontre encore régulièrement un travailleur social qui les aide à s’ajuster à la vie quotidienne, une vie que nous tenons pour acquise. Ainsi, trouver un médecin de famille, s’inscrire à des cours de langues, faire l’épicerie, ouvrir un compte en banque, accéder au transport en commun et bien d’autres choses encore, tout cela fait partie de ce que nous faisons au quotidien. Jean-Marie et Janet disent qu’ils se sentent privilégiés d’avoir accès gratuitement aux services de soins de santé et d’éducation au Canada.

Jean-Marie dit qu’il n’y a pas de mots pour décrire la mesure dans laquelle leur vie a changé depuis qu’ils ont quitté le camp de réfugiés pour venir habiter dans la capitale nationale. La famille sera éternellement reconnaissante au Canada.

Jean-Marie et Janet ont hâte de trouver du travail. Ils suivent des cours d’anglais tous les jours. Jean-Marie veut être chauffeur d’autobus et Janet désire aller au collège pour étudier les services de garde d’enfants. Ils peuvent désormais rêver d’un avenir radieux pour leurs enfants.

 

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