La détermination de Marwan pour s’efforcer à s’adapter à la vie au Canada est belle à voir.

L’Irakien âgé de 39 ans a des raisons d’être aussi motivé. Ce qu’il a subi dans le passé l’incite à une très grande gratitude envers le Canada, et il souhaite s’intégrer dans la culture de son pays adoptif. Marwan a quitté l’Irak il y a environ 18 mois pour échapper à la violence quotidienne, violence qui avait déjà eu raison de son jeune frère qui a été assassiné. Comme journaliste, Marwan a régulièrement fait face à des menaces.

Maintenant installé à Ottawa avec sa femme et ses trois enfants, dont deux sont nés au Canada, Marwan avait hâte de participer au Programme de jumelage offert par le Centre catholique pour immigrants.

« Je voulais comprendre les Canadiens, dit-il. Je voulais savoir à quoi ressemblait la vie quotidienne au Canada. »

Le Programme de jumelage offre un soutien personnalisé aux nouveaux arrivants pour les aider à s’intégrer et à s’adapter à la vie au Canada en les présentant à des membres bien établis de la collectivité d’Ottawa. Les jumelages peuvent se faire entre un nouvel arrivant et un bénévole, une famille nouvellement arrivée et une famille bénévole, ou encore un bénévole et une famille de nouveaux arrivants.

Marwan a été jumelé à un bénévole de longue date, Bill, qui croit que grâce à sa détermination, Marwan pourra s’intégrer en toute aisance. « Il lit tout ce qui lui tombe sous la main. Puis nous nous rencontrons et il me pose des questions. »

À son arrivée à Ottawa, le plus gros défi a été pour Marwan de s’adapter au climat. « Tout me semblait étrange, se rappelle-t-il. Il y avait tellement de neige et de glace. Mais je me sentais bien. J’avais pris ma décision. » Dix-huit mois plus tard, assis dehors à la mi-septembre par une journée très chaude et humide, il s’amuse à dire s’ennuyer de la neige et du froid.

Pour Marwan et d’autres nouveaux arrivants, le Programme de jumelage est l’occasion de mieux connaître la culture et les traditions canadiennes, ainsi que les ressources communautaires disponibles. Il propose aussi des possibilités de loisirs et d’activités récréatives, permet de développer des réseaux sociaux et professionnels, et il constitue l’occasion de pratiquer la conversation en anglais.

Pour Bill et d’autres bénévoles, c’est l’occasion de découvrir la culture et les traditions d’autres pays et de découvrir les compétences et les connaissances que les immigrants et les réfugiés apportent avec eux au Canada. C’est aussi l’occasion de sensibiliser les Canadiens aux défis auxquels les nouveaux arrivants doivent faire face.

Bill adhère pleinement au passage suivant des Écritures : À qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé. À la retraite, lorsqu’il s’est rendu compte qu’il avait du temps libre, il a fait des recherches. « Je voulais donner du temps à un organisme de grande envergure qui aidait les gens à s’intégrer dans la collectivité et contribuait à briser leur isolement. »

Bill a déjà vécu d’autres jumelages. Il reste en contact avec ses deux anciens jumelés, dont un est originaire du Mexique alors que l’autre vient de Colombie. Il ajoute que le Programme de jumelage est une très belle occasion pour d’autres retraités qui souhaitent faire du bénévolat de consacrer du temps aux autres.

Il décrit son rôle comme celui de quelqu’un qui enseigne aux nouveaux arrivants le « langage de la rue », bien que sa fille se plaise à lui rappeler qu’il leur enseigne plutôt l’art de la conversation. Pour Bill, il s’agit bien plus que d’enseigner de simples mots. Il faut expliquer le contexte. Un mot ou une phrase peut avoir différentes significations selon le moment ou le contexte où ils sont utilisés. L’accompagnement dans le cadre du Programme de jumelage met aussi l’accent sur la lecture, l’écriture et la compréhension de diverses expressions.

Il trouve important de rappeler aux Canadiens que de nombreux nouveaux arrivants ont beaucoup à offrir. « Certains croient qu’une personne qui ne connaît pas l’anglais est stupide. La plupart des Canadiens ne réalisent pas à quel point les nouveaux arrivants sont intelligents, indique Bill. Ils ont un passé, ont élevé des enfants, ont participé à des activités semblables aux nôtres; en fait, ils ont des vies semblables aux nôtres. »

Marwan est encore en train de construire sa nouvelle vie au Canada. Deux de ses trois enfants sont nés au Canada et il a retrouvé ici un frère plus âgé et sa mère, arrivés à Ottawa sept ans auparavant.

« Je n’ai aucune raison de retourner en Irak, indique-t-il, en précisant qu’il déteste à quel point son pays est devenu violent. Il n’y a plus d’espoir d’y vivre en paix. »

Il voit en Bill l’image d’un père. « Bill est très ouvert d’esprit. Je peux lui parler de tout. »

Bill précise que Marwan en connaît plus sur l’histoire du Canada, surtout sur les peuples autochtones, que la plupart des Canadiens.

Une fois qu’il maîtrisera la langue, Marwan veut travailler dans le domaine des relations internationales, et peut-être même au sein du gouvernement du Canada.

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