par Claudine Nduwimana

Il y a un peu plus de deux ans, le Canada a accueilli 25 000 réfugiés syriens en trois mois.

Des milliers d’entre eux étaient des enfants et des adolescents qui ont apporté une nouvelle culture dans nos écoles locales.

Pour beaucoup d’entre eux, c’était la première fois qu’ils pouvaient fréquenter l’école depuis plusieurs années. Dans certaines écoles, on pouvait entendre des jeunes parler l’arabe autant que l’anglais ou le français.

Fatma Ibrahim est l’une de ces nombreuses élèves scolarisées à Ottawa qui a l’arabe pour première langue.

Mais le fait de parler une autre langue n’a pas empêché cette élève de 11e année d’exceller. Elle vient d’obtenir 90 pour cent en mathématique et réussit bien dans toutes les autres matières, y compris en anglais.

Fatma était parmi les premiers de ces quelques 2 000 réfugiés syriens accueillis à Ottawa au début de 2016, conformément à l’engagement pris par les libéraux au cours de la campagne électorale de 2015.

S’exprimant en toute franchise en entrevue, Fatma évoque le moment où sa famille a appris qu’elle allait s’établir au Canada.

« Lorsque nous avons appris que nous allions venir au Canada, j’étais en même temps ravie et triste. Ma famille et moi nous vivions en Turquie depuis plus de quatre ans, sans papiers, après avoir fui la guerre en Syrie en 2011. »

La famille est arrivée le 20 janvier 2016. C’est un jour que Fatma chérira toujours comme un souvenir précieux, mais aussi un jour où elle a éprouvé des sentiments mitigés. En venant au Canada, il a fallu laisser certains de ses frères et sœurs en Turquie. Elle s’inquiétait pour eux parce qu’ils étaient sans papiers en Turquie, un pays qui n’est pas le leur.

Fatma se souvient de la sortie de l’avion à l’Aéroport Pearson de Toronto.

« Je n’en croyais pas mes yeux. J’étais effrayée et heureuse à la fois. Nous étions dans le premier avion qui a transporté des réfugiés syriens entre la Turquie et le Canada. Comme réfugiés, nous étions habitués à ce que l’on nous traite comme des êtres inférieurs, mais le personnel de l’aéroport était amical et nous a traités comme de vieux amis. Beaucoup de Canadiens sont venus nous accueillir à l’aéroport. Croyez-le ou non, j’ai cru que c’était des amis de mon père, se rappelle-t-elle avec enthousiasme. »

Après l’accueil à l’aéroport, Fatma, son frère, sa sœur et ses parents ont été escortés par un représentant du gouvernement jusqu’à un hôtel luxueux. Pour Fatma, cela a été une surprise après l’autre. La famille ne s’attendait pas du tout à être accueillie de cette façon. La nourriture était nouvelle, mais délicieuse. Le lit était propre et confortable.

« Au bout de dix jours à Toronto, les noms de tous les réfugiés syriens arrivés avec nous devaient être inscrits pour être sélectionnés par tirage au sort en vue de leur accueil dans une des grandes villes canadiennes. Ottawa a été la destination que le sort a choisie pour nous. Alors, le 30 janvier, nous avons pris l’avion pour Ottawa. »

Le Centre catholique pour immigrants (CCI) d’Ottawa était présent pour accueillir la famille de Fatma dans la capitale nationale. À son arrivée, le CCI lui a remis des couvertures, des manteaux  d’hiver et  d’autres articles essentiels pour l’hiver. Une fois de plus, Fatma a dû rester plusieurs jours à l’hôtel avec sa famille avant qu’un travailleur des services d’établissement du CCI n’aide la famille à trouver un logement dans la ville.

« En arrivant à Ottawa, nous étions très craintifs parce que nous ne parlions pas la langue », précise Fatma dans la description de ses premières impressions de la ville.

Le Centre catholique pour immigrants nous a vraiment aidés pour beaucoup de choses comme les formalités et l’obtention des cartes d’assurance-maladie de l’Ontario. Il m’a aussi aidée à trouver une bonne école dans le secteur St. Laurent. Je suis vraiment contente et je suis très reconnaissante de tout ce qu’il a fait pour nous. »

Carl Nicholson, directeur général du CCI, explique les objectifs principaux de l’organisme

« Nos services d’établissement fournissent aux immigrants et aux réfugiés les services dont ils ont besoin à leur arrivée au Canada. Nos services sont gratuits, confidentiels, non discriminatoires et adaptés au contexte culturel. »

Un autre objectif essentiel est de promouvoir et de faciliter l’accueil des nouveaux arrivants au Canada, de sensibiliser la collectivité pour qu’elle tienne compte de leurs besoins et d’encourager les immigrants à atteindre leur plein potentiel au Canada, la nouvelle société au sein de laquelle ils vont vivre.

Avec l’aide du CCI, Fatma et sa famille ont trouvé un merveilleux appartement. « Nous vivons dans le secteur St. Laurent depuis que notre arrivée au Canada. C’est un secteur commode. Nous avons le complexe St. Laurent tout près et des commerces tout autour. Mon père a été tellement heureux que nous puissions trouver un lieu aussi agréable. »

Après avoir suivi plusieurs mois des cours d’anglais à l’école, Fatma a réussi le niveau 4 en anglais langue seconde, ce qui lui a permis de suivre les cours dans les matières considérées comme plus difficiles.

Fatma désire devenir médecin et ses matières préférées sont la chimie, les maths et la biologie. Elle veut aider les gens qui vivent dans la pauvreté et ont besoin de soins médicaux qui ne sont pas couverts par le système public.

En ce moment, Fatma est en 11e année, et elle aura son diplôme en juin prochain. L’an dernier, elle a trouvé un emploi à temps partiel chez Loblaws, sur l’avenue McArthur dans Vanier. Elle adore y travailler et rencontrer des gens de tous les horizons.

Lorsqu’on lui demande si elle est heureuse à Ottawa, Fatma dit qu’elle est très heureuse, mais que ses frères et sœurs restés en Syrie et en Turquie lui manquent. »

« J’éprouve de la reconnaissance envers le premier ministre de nous avoir faire venir ici. Maintenant, nous pouvons être comme tout le monde, des personnes qui ont des papiers officiels. En ce qui me concerne, je vais à l’école, j’ai de nouveaux amis et j’ai la chance de repartir à zéro, d’avoir devant moi une vie nouvelle et enthousiasmante. »

« Merci au Canada! Vous m’avez aidée, moi et d’autres, à faire du Canada notre nouveau pays. »

Pin It on Pinterest

Share This