Eleanor et Amira sont sœurs. Toutefois, elles ne se connaissent que depuis dix mois.

Eleanor, bénévole pour le Centre catholique pour immigrants a rencontré Amira dans le cadre du Programme de jumelage peu après l’arrivée d’Amira à Ottawa de Damas en Syrie.

À Damas, Amira avait été directrice de l’enseignement pour plusieurs écoles primaires. En 2009, elle était venue visiter le Canada. Venir au Canada était une évidence pour Amira, son fils et son petit-fils étant déjà établis à Ottawa. Toutefois, Amira savait qu’elle devait pratiquer l’anglais faute de quoi, elle se retrouverait isolée dans son appartement d’une chambre. Se faire des amis et s’adapter à la vie au Canada faisaient partie de ses principales priorités.

« Je veux être active », dit-elle. « Je ne veux pas me retrouver toute seule ».

Le  Programme de jumelage  offre du soutien individuel afin d’aider les nouveaux arrivants à s’adapter et à s’intégrer à la vie au Canada en présentant les récents immigrants et réfugiés à des membres établis de la communauté d’Ottawa. Le jumelage entre les nouveaux arrivants et les bénévoles peut se faire individuellement, par famille ou entre un bénévole et une famille de nouveaux arrivants.

Ce programme permet aux nouveaux arrivants d’en apprendre plus sur la culture et les traditions canadiennes, les ressources communautaires et les loisirs et les aide à élargir leurs réseaux sociaux et professionnels.

Les nouveaux arrivants et les bénévoles se voient souvent c’est un moyen parfait de converser en anglais de façon détendue et naturelle.

Avant que le jumelage ne devienne officiel, Amira a rencontré Eleanor ainsi que Anneke Van Nooten, la gestionnaire du programme. Tout a été mis en œuvre pour garantir le meilleur jumelage possible. Dix mois plus tard, les deux femmes n’ont aucun doute au sujet du jumelage, tout particulièrement parce qu’il a donné lieu à une solide amitié.

« Eleanor est une femme belle et merveilleuse », précise Amira. « C’est ma meilleure amie au Canada. Je la considère comme ma sœur ».

À l’instar de beaucoup de Canadiens, Eleanor a commencé à s’intéresser aux problèmes des réfugiés et des immigrants lorsque les médias ont commencé à parler plus de la guerre civile en Syrie.

Elle se décrit comme une personne timide et réservée de prime abord. Alors que les récits faisaient état des atrocités commises en Syrie, elle a toutefois commencé à changer. « La réponse qu’opposait le Canada à la situation des réfugiés en Syrie m’a mise en colère », indique Eleanor. C’était en 2015, avant l’élection de Justin Trudeau comme premier ministre. Après avoir pris le pouvoir, les Libéraux ont respecté leur promesse électorale d’accueillir 25 000 réfugiés syriens au Canada dans un délai de trois mois.

Eleanor précise qu’apprendre à connaître Amira avait été une expérience émouvante. Les deux femmes se sont rendues visite régulièrement et Eleanor a appris à aimer le café arabe. Elle dit qu’elle prévoit prochainement d’apprendre à cuisiner quelques plats syriens.

Plus elle passait de temps avec Amira, plus elle l’admirait. « J’ai appris que dans les cultures arabes, les femmes sont extrêmement fortes ».

Eleanor aide également Amira à s’acquitter de ses responsabilités quotidiennes, comme la prise de rendez-vous médicaux. Même si l’anglais d’Amira est très bon après un peu plus d’un an passé ici, elle précise qu’il est réconfortant d’avoir une amie qui peut lui expliquer tous les mots qu’elle ne comprend pas encore.

Amira dit qu’avec le soutien d’Eleanor, elle en apprend beaucoup sur la vie au Canada et qu’elle espère travailler bientôt. Lorsqu’elle élevait ses enfants avec son mari, Amira a obtenu un diplôme universitaire en éducation. Elle se décrit comme étant une personne pleine d’ambition.

« Je veux faire quelque chose dans ce pays. Je ne veux pas rester à rien faire », précise Amira. « Les Canadiens sont très gentils et c’est un beau pays ».

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